Le Cambodge et le TDM vus par Emilie, Lilly & Charlotte

J’emprunte le blog de Fred (& Julien !),à  défaut de lui emprunter sa vie:-)

Emilie :

Au Cambodge,j’ai découvert un pays à la fois meurtri et rempli de mille richesses.

Je garderai des Cambodgiens le sourire et la bonne humeur, des images d’enfants souriants sur des vélos plus grands qu’eux, de petites filles trop sages, de victimes des mines,je garderai l’accueil chaleureux mais le visage triste de celui qui nous a accueillis dans sa maison.

Le Cambodge, terre de contraste, la joie et le poids de la vie, l’histoire ancienne avec la grandeur des temples d’Angkor qui s’entremêle avec celle terrible plus récente.

De ce voyage,je garderai à titre personnel quelques moments inoubliables: la magie des temples d’Angkor avec les enfants qui jouent à cache cache dedans, le soleil qui se couche sur le village flottant du lac Tonlé Sap et les étoiles au dessus de ma tête en nageant au milieu du plancton phosphorescent sur l’île de Koh Rong.

De ces vacances, je garderai surtout le bonheur d’avoir partagé ce voyage avec ceux que j’aime, d’avoir vécu tout ça à travers les yeux de mes filles, d’avoir passé du temps « en famille » comme le dit Charlotte, quelques moments en amoureux avec mon mari, d’avoir retrouvé mon frère et ma belle soeur après 6 mois, et le bonheur d’avoir passé 15 jours avec mes neveux et nièces d’amour qui sont merveilleux.

Six mois seulement et ils ont tellement changé. Physiquement déjà, ils ont poussé,c’est impressionnant et ces six mois autour du monde les ont fait évoluer.

Ils sont toujours motivés, intéressés par tout, toujours partants pour tout et heureux. C’est un vrai bonheur d’être en leur compagnie.

Joséphine est devenue une jeune fille, une vraie beauté,elle est extraordinaire. J’ai d’abord été frappée le premier jour par son sens de l’orientation, un GPS ambulant, doublée d’un guide qui mène la visite le guide du routard à la main.

Avide et intéressée par tout, elle était partante pour venir avec moi voir le lever du soleil sur les temples d’Angkor (bon on s’est dégonflée toutes les deux)

J’ai découvert chez elle un nouveau trait de caractère qui en fait la digne nièce de sa marraine, qui est son appétit et son appétence pour la nourriture. C’est à dire qu’elle ne pense à peu près qu’à manger :« 11h, c’est chouette parce que c’est bientôt midi, et bientôt l’heure de manger »

J’ai fait son bonheur avec des Kinders, mais elle trouve son bonheur dans toutes les découvertes culinaires que lui propose ce tour du monde. Sa curiosité et son ouverture d’esprit s’expriment même dans ce domaine.

Et elle a super bien progressé en anglais. Quand j’ai dit « Excuse me, my husband is locked in the barthroom »,elle a dit « quoi julien est enfermé dans la salle de bain » et elle n’a pas peur de parler en anglais pour passer la commande ou autre renseignement, ou pour jouer autour du feu de bois avec des routards de tous les pays.

Céleste est quant à elle un vrai rayon de soleil. Elle est merveilleuse.Elle est belle et resplendissante. Elle rayonne. C’est un bijou de petite fille, non de grande fille puisque bientôt elle aura 10 ans, déjà. Toujours le sourire aux lèvres, une blague à faire,l’envie de faire plaisir à tout le monde, de ne contrarier personne, une grande et  belle sensibilité.

Un bon sens de l’orientation également, je l’ai suivi plusieurs fois alors que j’étais complètement perdue et je lui faisais une confiance aveugle pour me guider (notamment quand je les avais emmenés à l’endroit dont l’on venait sans m’en rendre compte). J’ai remarqué chez elle une mémoire hors du commun et un grand sens de l’observation.

Et j’ai découvert sur les vidéos qu’elle réalise son humour, son imagination et ses talents d’actrice.

Elle est extrêmement spirituelle.

Bref, passer du temps avec Céleste est un vrai régal…

Et mon Robinson est devenu un grand garçon! En taille et en comportement. Il est beau, il est sage, il est drôle.

Ce qui m’a frappé le plus, c’est à quel point il est calme et sage.Il peut passer une heure sans rien dire (lorsque l’on est dans les transports par exemple). Même quand il n’est pas content, il râle même en silence je trouve.

Il est tellement calme que l’on pourrait croire qu’il s’ennuie mais non il y a plein de choses qui tournent dans sa tête et puis tout à coup il s’illumine et raconte quelque chose de drôle (bon il s’illumine surtout quand sa tata lui raconte la blague des steaks hachés qui s’étaient cachés)

Il est très joyeux et comme ses soeurs, curieux de tout, toujours partant et reconnaissant des plaisirs non prévus.

Il a supporté ses cousines, Lilly qui a  un  peu cassé la dynamique existante, et Charlotte qui voulait être à coté de lui tout le temps, dans le tuk tuk ou à table.

Donc bref, tous les trois sont merveilleux et j’étais plus qu’heureuse du temps passé avec eux. Ils me manquent encore plus maintenant.

Plusieurs fois dans la journée, Charlotte dit « je suis triste, je voudrais voir les cousins cousines »

Il a été difficile de les voir continuer le voyage sans nous. Difficile de les quitter et puis difficile de ne pas avoir envie de continuer le tour du monde avec eux. Quand on est sur place,ça devient réel et on y prend goût, dur dur de ne pas enchainer. Surtout que l’on prenait nos marques, on aurait pu,dans quelques semaines, passer du statut de bons touristes que nous étions à celui de tour du mondiste. Mais bon le tour du monde ça se mérite et on s’est rendu compte des coulisses qui ne sont pas si simples que ça. On a vu l’envers du décor, de l’organisation, et je leur tire mon chapeau! J’admire profondément Julien et Fred pour cette aventure qu’ils réalisent.

Alors nous voilà de retour à la maison mais comme dit Charlotte « c’était trop bien le tour du monde »

Charlotte : 

c’était bien, j’ai vu les cousins cousines, j’ai aimé nager dans la piscine, et dans la mer, quand ça brillait dans la mer, et aussi les grands temples et les petits temples, on a fait des photos, dans ma fenêtre, j’ai dit coucou à jo, j’ai aimé le carosse qui s’appelle tuktuk ,j’ai aimé la maison et j’ai aimé les gens, je rigolais quand je disais que je les aimais pas, j’ai aimé la banane, j’ai aimé le Nutella aussi , et la mangue, et la soupe,j’ai aimé jouer

Lilly : 

j’ai aimé quand on est allé voir les temples d’Angkor parce que c’était très joli, et surtout quand on a joué à cache cache, j’ai aimé les tuk-tuk mais pas la route du Cambodge : des bosses, des bosses, des bosses

j’ai aimé la piscine de l’hôtel ,j’ai aimé Roby qui tenait l’hôtel Coconut Beach

j’ai aimé le bus de nuit 

j’ai trouvé le Cambodge très joli mais pollué , 

je n’ai pas aimé le mal de mer en bateau 

les vacances étaient super car j’étais avec mes cousins cousines que je n’avais pas vus depuis longtemps 

NDLR : Gênés par tous ces compliments nous sommes. Nos enfants, si merveilleux qu’ils soient peuvent dans l’envers du décor ne pas l’être hein ! Parfois. Heureusement. Mais merci Mimi ! Et bravo pour cette incursion dans notre TDM, vous avez pris le train en marche, j’espère que ça n’a pas été trop violent 😉  Bisous !

Des photos des derniers jours de farniente au Cambodge

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Ile de Koh Rong

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Mer trop agitée, on rejoint le port voisin en scooter

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Super Tata !

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Super Tonton !

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Car couchette, presque luxueux !

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Charlotte qui profite du bonheur de Otres Beach, près de Sihanoukville

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Y’a toujours de la place ! Mais si !

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Mer agitée… Pfff… comme les voyages sont longs quand ça tangue

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Merci pour la cure de champagne de vin de fromage et de charcuterie !! Le bonheur quoi …

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En mode nomade à Koh Rong

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Article à quatre mains pour notre petit périple laotien

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Si les temples et le marché de Vientiane nous ont c’est vrai immédiatement séduits (alors que la ville offre sinon peu de charme au visiteur), le froid et la pluie arrivés en même temps que nous au Laos nous ont contraints à rester blottis sous la couette plusieurs jours, nous privant des balades en scooter promises à Vang Vieng. Du coup, le voyage a véritablement commencé à notre arrivée à Luang Prabang. Disons-le sans préambule, Luang Prabang restera un énorme coup de coeur (avec Puerto Natales au Chili pour Julien, allez savoir pourquoi).

Grande première pour nous, craintifs du « on est à la rue », nous n’avions pas de réservation ce qui n’était pas arrivé depuis l’Amérique du Sud. C’est donc la fleur au fusil que nous avons débarqué, toujours chargés comme des mules (il a bien fallu caser la cape de pluie dans chaque sac), au centre de Luang Prabang. Après un repas frugal chez un indien, nous avons trouvé une guesthouse qui nous a proposé une chambre pour 4 que nous avons, comme souvent, transformée en chambre pour 5, moyennant quelques aménagements dignes d’un squat de punks -notre record est une chambre à 3 lits simples transformée par nos soins en chambre pour 5… nuit compliquée au demeurant.

Alors que sur la route montagneuse pour arriver, le brouillard empêchait par moments de voir au-delà de 3 mètres, à Luang Prabang le soleil est miraculeusement réapparu (avec de précieux degrés supplémentaires) offrant une lumière de fin d’après-midi superbe et une vision du Mékong comme nous en rêvions et c’est sous ces beaux auspices que nous avons commencé notre première visite de cette ville. Premiere surprise, le nombre de touristes, beaucoup de voisins chinois mais aussi énormément de français que le Laos semble attirer et on le comprend (ça n’a pas cessé depuis, des français partout à tel point que nous en avons plus rencontrés en 15 jours de Laos qu’en 5 mois auparavant.) Nous sommes montés en haut du Mont Phousi au centre-ville pour admirer le coucher du soleil mais nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette idée, avec 15 personnes au mètre carré.

Deuxième surprise (bonne celle-ci !) du Laos et plus particulièrement de LP : on trouve ici du pain en baguette et du vin !  ça change de la bière… Ainsi certains repas que nous souhaitons légers seront constitués d’un délicieux sandwich au pain frais. Il y a même à Luang Prabang des stands en enfilade qui proposent des sandwiches bacon-avocat-tomate-thon-ciboule-vache qui rit-concombre… pas tout dans le même bien sûr ! A la carte. Une soupe de nouilles coûte 15000 laks soit un peu plus de 1,5 euros et reste diététique ET nourrissante, ce qui n’est pas pour nous déplaire d’autant qu’elle avait aussi le mérite de nous réchauffer -à Vang Vieng c’était pas du luxe- tout en restant délicieuse dans la plupart des restaurants. Se nourrir au Laos n’est pas compliqué ! Sauf peut-être pour les petits déjeuners…

Nous passerons ainsi une petite semaine à Luang Prabang à visiter ses temples, l’inévitable musée-Palais Royal, nous baladant en bateau, à pieds, en vélo, en tuk-tuk dans une ambiance tellement sereine, paisible, agréable. On se sent bien au Laos, et plus d’une fois, nous avons laissé les enfants rentrer seuls à la guesthouse. Malgré le nombre de visiteurs, il est relativement aisé de trouver des coins calmes et plus authentiques en s’éloignant parfois d’une ou deux rues. On peut comprendre qu’on ait envie de s’installer et de vivre dans un endroit comme ça. Seul ras-le-bol, le marché de nuit quotidien pour les touristes qu’il est difficile de contourner (sympathique une fois, mais tous les jours ça use, enfin les enfants adorent en fait). Notre seule visite décevante, les grottes de Pak Ou (le Guide du Routard parfois on comprend pas bien), aura été l’occasion d’une rencontre avec un voyageur français qui a décidé à 52 ans de prendre le temps de vivre (et donc de voyager), et que nous retrouverons dans le sud à Paksé.

A Luang Prabang, les moines bouddhistes sont partout, laissant une jolie touche ocre sur nos photos. D’ailleurs, la couleur de leur robe est due au safran, épice si répandue qu’elle constituait il y a des siècles l’outil de coloration la moins chère ; ça reste donc pour les moines une tradition. Ils ne peuvent posséder que quelques objets : leur robe, leurs sous-vêtements, un bol pour recueillir la nourriture reçue en offrande, une passoire pour filtrer l’eau (pour ne pas se rendre malade et ne pas blesser l’insecte intrus), un rasoir, une aiguille pour recoudre les habits et une ceinture. Nous en verrons quelques-uns en possession d’un petit surplus : un téléphone Samsung Galaxy S4, ou autre modèle de la gamme… Au Laos, lorsqu’on est un garçon, on doit dans sa vie de croyant être moine une fois dans sa vie, souvent après les études et avant de travailler. Pas de relation avec les femmes pour les moines mais si cela les tente vraiment, ils peuvent cesser d’être moine provisoirement et y revenir ensuite. Pragmatiques ces bouddhistes.

Puisqu’il fallait bien quitter Luang Prabang, il a fallu réfléchir et s’organiser pour la suite. Arrivant de Malaisie, nous n’avions d’autre choix que de commencer par Vientiane et donc, montant vers Luang Prabang, il fallait à un moment redescendre vers le sud pour honorer notre rendez-vous du 18 février à Phnom Penh avec nos visiteurs tant attendus du Cambodge (à suivre). Au choix, deux ou trois bus et trois à quatre jours de voyage en repassant par Vang Vieng et Vientiane, ou un vol direct d’1h40. Au-delà du prix (cher, très cher), un sentiment de culpabilité et de trahison nous étreignait (Le Laos, ça doit se mériter, le voyage pour le voyage tout ça), MAIS, au delà du prix (cher, très cher donc), cela nous a semblé le plus raisonnable pour nous épargner du temps et de la fatigue et se préserver d’une éventuelle lassitude face au bus (surtout pour les enfants mais pas que).

Au moment d’écrire ces lignes face a un nouveau coucher de soleil sur le Mékong dont on ne se lasse pas, nous avons plusieurs jours devant nous dans la région des 4000 îles, les enfants sont autonomes, ont leur vélo, nous regardons la vie s’écouler, et donc au moment d’écrire ces lignes disions-nous avec ce sentiment de liberté qui nous étreint, pas de regret d’avoir pris un avion pour rejoindre le Sud-Laos.

Face à la longueur de cet article, nous vous épargnerons la description du plateau des Bolovens et ses nombreuses cascades, avec ou sans baignade, parfois à couper le souffle, toujours à eau fraiche – très fraiche. A la place, vous ne serez pas perdants : voici une petite sélection de ce qu’on y a vu et aimé.DSC01290 DSC01452 DSC01510 DSC01523

A bon entendeur, le Laos, c’est du bonheur.

La Malaisie, selon nous …

On ne savait pas trop à quoi s’attendre. En plus, on venait d’Indonésie, on avait eu notre dépaysement, l’Islam à Lombok, puis l’hindouisme version balinaise, bref l’éclectisme à son comble !

On était loin d’imaginer à quel point la Malaisie incarne un melting-pot culturel, religieux et humain. Quand c’était encore une colonie anglaise, on fit venir des indiens et des chinois pour la main d’oeuvre. D’où la présence quasi systématique dans les villes d’un quartier chinois et d’un quartier indien. Pour Malacca, plusieurs pays européens se sont disputés le détroit : portugais néerlandais et britanniques. D’où la présence étonnante de Pasteis de Nata dans les boutiques de Malacca : DSC08611

 

 

 

Petit moment de culture : on appelle les Malaisiens les habitants de la Malaisie. Jusqu’ici tout le monde suit. Toutefois le terme malais a une signification différente :

« Être Malais renvoie à l’appartenance « ethnique », selon des critères assez précis. Dans son article 160, la Constitution malaisienne définit en effet le Malais comme :

1 – une personne qui pratique la religion de l’islam, qui parle le malais, qui se conforme aux coutumes malaises
ET
2 – qui a des origines au sein de la Fédération de Malaisie ou Singapour avant l’Indépendance du 31 août 1957, ou bien qui est l’enfant d’au moins un parent né au sein de la population appartenant à l’époque à la Fédération de Malaisie » selon le site Petites Bulles D’Ailleurs.

Ici, 80 % de la population est musulmane. Beaucoup de femmes portent le voile mais elles accèdent aisément à un travail, conduisent, et même : peuvent faire de la politique !

Grâce à ce mélange ethnique, il règne en Malaisie une certaine ouverture d’esprit. Dans notre rue à Malacca : un temple hindou, une mosquée et un temple bouddhiste chinois se succèdent, sur le même trottoir. On prépare le jour de l’an chinois avec ferveur, voilé ou pas.

Il y a donc des chinois musulmans, des malaisiens catholiques, des indiens athées etc… toutes les combinaisons sont possibles. Et à Penang, on pouvait assister à la messe en mandarin ! Si si ! Bon, on n’a pas voulu infliger ça à nos chers petits…

En Malaisie, il y a des myriades de Malls : comprenez des centres commerciaux immenses, glacés par une climatisation outrancière (production de CO2 qui est 2 X supérieure à la moyenne mondiale ici…), où se côtoient les boutiques h&m et Gucci, Rollex et Pandora, Toys’R’Us et Mont Blanc. Et dans chaque Mall : un cinéma ! Peu importe où se trouve le multiplexe le plus proche : un mall = un ciné. Beaucoup de films chinois cependant, qui supplantent les blockbusters américains.

Qu’est-ce qu’on a aimé en Malaisie ?

Le climat est égal à lui même toute l’année : entre 28 & 33 degrés avec une pluie de temps á autre, histoire de vendre quelques parapluies…

La variété des environnements : on peut être en ville avec le métro au milieu des Malls ultra modernes, puis filer jusqu’á l’íle de Langkawi pour une belle plage de sable fin sous un soleil de plomb, ensuite retourner dans les terres aux Cameron Highlands pour y respirer un air plus frais et découvrir les plantations de thé ainsi que la vie des Orang Asli (minorité ethnique qui vit quelque peu en marge de la  vie malaisienne) ou encore profiter de la proximité de Singapour pour y faire une escale et se plonger dans une autre culture, un monde ultra propre & moderne où le gouvernement te surveille et exige de toi une conduite irréprochable (pas de mendiants á Singapour, par exemple… et pas de saleté par terre non plus : un monde merveilleux quoi !) avec une liberté de la presse limitée.

Le mélange des genres nous donne l’impression d’avoir voyagé 2 x plus ! On était en Inde,  en Chine et en Malaisie en même temps. Pareil pour la cuisine : raviolis chinois, cheese naans, murtabak traditionnel malaisien, noodle soup avec des baguettes, assiettes en feuille de bananier et riz épicé avec les doigts…DSC09033 DSC09102 DSC08658 DSC08500 DSC08287

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et comme vous l’attendez : qu’est-ce qu’on n’a pas aimé en Malaisie ?

Et bien, il règne ici un joyeux bazar propre à l’Asie mais qui peut parfois taper sur les nerfs -qui ne sont pas franchement à vif donc… on reste cool- car le manque d’organisation peut parfois nous impressionner avec une furieuse envie de s’en mêler et de réorganiser tout ça comme on le voudrait ! Avec nos habitudes d’européen, on croit détenir les clés du monde… mais ils se débrouillent très bien sans nous ! Mais quand même : 3 employés sur le quai du métro, assis à discuter et un seul bonhomme pour prendre les tickets des 125 passagers qui s’agglutinent dans un couloir… Bref, on risque d’être malheureux au Laos !

Le manque d’attention porté à l’environnement est marquant. Les rivières sont sales & polluées, tout comme l’air en ville, les climatisations fonctionnent à plein régime portes ouvertes sur l’exterieur et l’eau ne fait pas partie des éléments à protéger. C’est pareil dans beaucoup d’autres pays, certes. Pourtant la Malaisie est un pays assez développé, riche en comparaison avec ses voisins asiatiques. Alors on peut se poser la question : pourquoi personne ne s’attelle au recyclage ? Pas de tri sélectif et une population visiblement pas du tout sensibilisée à gérer les ordures. Dans les Cameron Highlands, les collines de thé, la montagne, les cascades et la forêt : les Orang Asli nous ont fait part de leur constats de pollution de rivières par des usines. Les cultures de fruits & légumes font appel aux pesticides et utilisent de l’eau en grande quantité sans scrupules. Pas de culture bio ici. On en est loin. Très loin. Mais les fraises sont bien faites, brillantes et rouges comme des jouets en plastique. On les a malgré tout dévorées ! Ajoutez à cela une déforestation intensive pour cultiver des palmiers à huile (les 1ers producteurs mondiaux d’huile de palme, soit 40 % de la production mondiale) et vous obtenez le profil parfait de pays pollueur… On note des efforts du côté gouvernemental mais rien en comparaison avec le retard á rattraper.

Au total, une bouffée de Chine, une inspiration d’Inde et les malaisiens ont fait le reste. On reviendra. Peut-être. Au moins pour les îles Perhantian qu’on a loupées …

 

Malaisie, Ipoh et les Cameron Highlands

Une petite escale dans les montagnes du centre de la Malaisie où la jungle règne mais surtout où l’air est frais. Une pause dans nos destinations brûlantes… Visite de plantation de thé, de ferme apicole, de plantation de fraises -quelque peu arrosées de pesticides- et apprentissage de la vie des Orang-Asli, les habitants de cette région qui vivent encore de chasse et de cueillette…

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Fin…

… de cette première partie du voyage. Aujourd’hui  11 janvier nous sommes précisément à la moitié, aussi proches de notre départ le 2 septembre que de notre retour le 22 mai prochain. Que cela passe vite ou pas n’est pas le problème car cela passe, tout simplement et nous mesurons désormais le temps à sa juste valeur, chose que nous avions du mal à faire au début. Après une semaine de voyage au Brésil, alors que nous avions déjà vécu et vu tant de choses, nous avions du mal à réaliser qu’il nous restait encore tant de mois devant nous, quasiment une vie alors. Après 4 mois, si les souvenirs ne se mélangent encore pas trop et sont heureusement encore vivaces, ils s’empilent et parfois on se demande comment on va se débrouiller avec tous ces moments vécus, ces lieux, ces visages. 

Concrètement qu’en est-il à mi-parcours (bilan de mi-mandat) ? Je comptais hier soir que nous dormions dans notre 32eme lit depuis le départ, en comptant le camping-car mais sans compter les 3 nuits dans le bus au Brésil et en Argentine, confortables certes mais pas assez horizontaux malgré leur nom (cama). 32 lits, 10 vols, au moins deux douzaines de bus, des dizaines de taxis, 3600 km en camping-car, 4 locations de voiture en Argentine, au Chili, à Sydney et beaucoup de marche à pieds. Au niveau de l’argent, nous sommes dans les clous en ce qui concerne le budget journalier. Malheureusement, le budget casse/panne de l’électronique est élevé et le bilan lourd : première liseuse cassée dès Rio, la seconde en Nouvelle-Zélande et bim deux liseuses rachetées (200€), un appareil photo cassé (bam 400€) et l’ordinateur qui est toujours chez le réparateur ici à Penang (on prévoit 500€, Apple c’est fini). A cela rajoutons le pare-brise du camping-car pour lequel nous avions refusé l’assurrance (300€). Et je ne m’étendrai pas sur la malheureuse et douloureuse affaire des visas indonésiens : nous avions certes budgété ce montant mais au final ce sont presque 400€ déboursés pour rien, nada, nothing. Ok nous avions prévu les imprévus mais ce n’est pas une raison, surtout que c’est terriblement frustrant de compter chaque real, peso, dollar, rupiah et désormais ringgit au quotidien, refuser des glaces aux enfants, les priver d’activités, choisir systématiquement l’option la moins chère pour voir tout cet argent filer entre nos doigts. (En même temps, au moins une des deux liseuses ainsi que l’appareil photo, c’est eux monsieur le juge). 

Pour le reste, c’est à dire l’essentiel, il est encore trop tôt pour tirer un bilan définitif même si on voit déjà les enfants changer. A Saõ Paulo, nous avions deux chambres séparées et nous avions mis un parent dans chaque chambre, aujourd’hui ce n’est plus du tout le cas et quand nous devons nous séparer c’est une chambre enfants et une chambre parents. Ils sont devenus très autonomes et c’est un vrai bonheur de les voir circuler dans la rue tellement à l’aise, rentrer seuls dans les magasins, se débrouiller et s’adapter si facilement. Ils sont comme des poissons dans l’eau, ils sont aussi à l’aise à l’aéroport que chez les amis ou les cousins, montent dans le bus, dans l’avion, dans le taxi comme ils pouvaient le faire avec notre voiture, se comportent à l’hôtel comme à la maison. C’est ça, le monde est devenu leur maison et c’est justement ce dont nous rêvions. Ils vont et viennent sans préjugés. Même au niveau de l’alimentation, il y a deux jours, nous sommes allés chez Pizza Hut (le riz on sature par moments). A l’unanimité ils nous ont dit avoir préféré le dîner de la veille dans les petits stands chinois dans la rue. Ils savaient probablement que c’est ce que nous voulions entendre mais quand même, je crois que c’etait sincère. 

Quant aux parents, ont-ils changé? Difficile d’avoir le recul nécessaire mais non pas trop. Ou oui probablement mais comment? Impossible à dire. Le bilan qu’on peut déjà tirer d’un tel voyage c’est que ce n’est pas non plus un coup de baguette magique qui change les gens soudainement. Nous verrons cela dans 6 mois, dans un an, dans dix ans. Je ne crois pas qu’on change sa nature profonde parce qu’on voyage. En revanche, on change de regard sur le monde et sur son propre monde. On restitue les choses dans l’espace et dans le temps, face à la beauté des paysages (et on en a vu!) ou de ce que l’Homme est capable de créer, de construire ou d’inventer et qui ne finit pas de nous émerveiller. 

Pourtant un voyage comme ça, ce n’est pas que des vacances (nan mais c’est vrai quoi), c’est du boulot, du stress et des problèmes à régler quotidiennement -il fallait que ce soit dit 🙂 Avec les énervements qui vont avec (surtout moi). On a souvent l’impression de manquer de temps pour tout faire, comme à la maison et même sans aller travailler, les journées et les semaines passent vite. Ou bien nous devenons difficile, c’est bien possible… En tout cas, nous n’avons pas trouvé de formule magique pour ralentir le temps, c’est bien pour cela qu’on est déjà à la moitié du voyage. Cette deuxième partie qui commence aujourd’hui sera différente. Il n’y aura pas de grand changement, nous restons en Asie, nous n’aurons plus la vie devant nous, et j’ai l’impression que cela va passer vite. On ne vit pas les choses de la même façon quand on a des mois devant soit. À partir d’aujourd’hui le temps nous est plus que jamais compté, les perspectives vont changer et très vite on se dira  : tiens, plus que 2 mois, 1 mois, 1 semaine. Et bim il faudra se réveiller. Ce sera violent mais excitant de prendre un nouveau départ. Et nous serons heureux de retrouver famille et amis, vous tous qui nous suivez car vous nous manquez. En attendant, retour à la réalité avec des enfants assez pénibles ce soir. Pas de miracle je l’avais bien dit ! 

(Une fois n’est pas coutume, article signé par le père, une première).